ITV Expat-Blog : « II fait bon vivre… »

Ambre à Misahualli : « il fait bon vivre en Équateur et il y a TOUT à faire »

Ambre vivait à Paris jusqu’à ce qu’elle rencontre Sébastien, expatrié français en Équateur de passage dans la capitale. Un véritable coup de foudre qui l’a poussée à le suivre à Misahualli où ils gèrent un éco-lodge. Elle nous raconte son aventure…

Pourquoi as-tu choisi de vivre en Équateur ?Je suis une ex Parisienne, née en banlieue parisienne, où j’ai suivi mes études, avant de m’installer à Paris pour y travailler et profiter de cette ville incroyable qui ne dort jamais.
J’ai exercé plus de 10 ans comme Responsable puis Directrice Marketing et Communication dans les secteurs des Télécoms et Informatique puis dans une agence de mode avant de devenir Directrice de Clientèle. Bien qu’en pleine ascension professionnelle avec un nouveau challenge et une nouvelle équipe à gérer, j’ai rencontré Sébastien (expatrié français en Équateur depuis 7 ans), pendant ses vacances dédiées à rendre visite à sa famille sur Paris. Nous avons vécu l’expérience du coup de foudre ! Celui qui vous frappe d’une décharge électrique. Cette expérience que l’on ne peut ni expliquer, ni contrôler mais qui vous chamboule… Qui vous entraîne dans un tourbillon d’émotions, sur un nuage et porté par une multitude de papillons… Qui m’a mené tout droit en Équateur !
J’exagère à peine puisqu’en 2 mois, de ma vie Parisienne-trentenaire (et un peu folle), je me retrouvais en Équateur, dans un petit village du nom de Misahualli (à l’est de Tena), sans n’avoir jamais mis les pieds en Amérique Latine auparavant. De mon petit appartement de 50m2 avec vue sur un immeuble haussmannien, je me réveillais dans une maison plantée au milieu de 64Ha de jungle amazonienne.
En réalité, j’ai suivi la flèche de Cupidon sans me poser trop de question. J’ai écouté mon coeur et répondu par un grand « OUI » à la poursuite du bonheur. Je me suis organisée pour prévenir ma famille, mes proches, quitter mon travail en respectant le préavis négocié, rendre mon appartement, faire mes cartons et prendre le nécessaire sur un air du livre de la jungle « Il en faut peu pour être heureux »…Comment s’est passée ton installation ?J’ai eu la chance de pouvoir laisser un maximum de meubles à Paris car ma petite soeur a repris mon appartement. Je suis partie en Équateur après une dernière production de catalogue à Miami (à 4h de vol de Quito) donc j’ai profité de collègues pour bénéficier à l’aller de leurs bagages supplémentaires en business (pour le vol Paris-Miami) et par chance quand je suis repartie de Miami pour Quito, ils ne m’ont pas chargé de suppléments.
Comme mon père est venu au même moment pour se faire soulager par un chamane, il m’a apporté des valises en plus. Et à chacun de mes AR en France, je rapporte un peu plus de livres, vêtements etc. J’ai fait un énorme tri et beaucoup donné à mes soeurs et mes amis. Je m’étais renseignée pour apporter des meubles via container mais les sociétés de déménagement m’ont dit qu’il n’y avait pas assez de demandes dans ce sens (Paris-Équateur) pour me garantir une date d’arrivée !Quelles ont été les formalités que tu as dû accomplir pour t’installer en Équateur ?
J’ai d’abord obtenu un visa pour 6 mois que j’ai renouvelé depuis (notamment lors de mon dernier voyage en France). J’investis actuellement pour obtenir un visa permanent. C’est en cours avec un avocat du pays.As-tu eu des difficultés d’adaptation (barrière de la langue, coutumes) ?Compte-tenu du fait que je partage ma vie avec un Français, je parle toute la journée dans ma langue et nous recrutons des stagiaires françaises pour nous prêter main forte pour la saison d’été. Sinon, nous embauchons uniquement du personnel recruté dans la communauté avoisinante au lodge. Ils sont adorables. Bien sûr j’ai eu du mal à échanger avec eux au départ mais ils m’ont toujours accueilli à l’image du pays : avec sourire et gentillesse. Nos clients quant à eux viennent principalement des États-Unis, du Canada, un peu d’Europe et quelques Équatoriens aisés.
Pour parler des coutumes, il y a beaucoup d’évangélistes autour de nous mais ils ne nous imposent pas leur religion et mode de vie. Nous pouvons en parler en toute liberté, sans gêne ni retenue par rapport aux coutumes.
En Équateur, je dirai que ce qui m’a le plus étonnée en arrivant, ce sont les différences de mode de vie entre les indigènes et les Équatoriens, natifs du pays. Ainsi que les nouvelles générations au sein des communautés indigènes qui dénigrent la façon de vivre de leurs parents et aïeux pour préférer fuir les plantations, boire et rêver de notre société de consommation…Est-ce que tu avais appris ou tu maîtrisais déjà l’espagnol avant de t’installer dans le pays ?Absolument pas. J’ai appris cette langue au collège, puis au lycée. J’ai passé mon épreuve de langue en espagnol en école de commerce (car je n’ai jamais tellement aimé l’anglais) mais je ne l’ai jamais pratiqué dans mon métier ni même mes voyages. Il a donc fallu que je me replonge dans mes livres (Bescherelles, Assimil etc) et que je sous-titre les DVD de la maison en espagnol !Qu’est-ce qui t’a le plus surpris à Misahualli/en Équateur ?Le plus étonnant à Mishaualli, c’est de vivre dans ce petit village qui compte environ 900 habitants et qui se transforme en « Cannes pendant son festival » lors de notre Carnaval. Ce week-end comme chaque année, nous avons des pics de fréquentation énorme au lodge, avec des records. Toujours est-il que ça crée de l’animation et notre hôtel est ravi d’être plein !
Sinon en Équateur, pour rester dans le registre des fêtes, j’ai trouvé magnifique le fait de brûler l’année passée, le 31 à minuit, des mannequins et des poèmes pour effacer tout ce qu’on veut laisser derrière soi (les colères, rancoeurs, etc.). Plus original et surprenant en journée, les hommes déguisés en femmes qui font la manche, dans la rue, auprès des voitures !
Les Équatoriens sont-ils accueillants ? Quels sont tes conseils pour rencontrer du monde dans le pays ?Si l’on me demandait de donner un seul adjectif qualificatif aux Équatoriens, je dirai qu’ils sont accueillants ! Inutile de chercher des astuces pour rencontrer du monde dans le pays car les Équatoriens aiment sortir, s’amuser, faire la fête. Il suffit d’aller boire un verre dans un bar pour se voir proposer une partie de billard. Aller en boite et un Équatorien vous aborde pour danser !
Enfin, je dois dire que votre site, expat-blog.com, m’a permis de rencontrer un couple extraordinaire : un Français marié à une Équatorienne et leurs deux enfants. Ils vivent à Quito, ils viennent nous voir de temps en temps et inversement. J’ai d’ailleurs avec eux un projet de création de société dans la fabrication et commercialisation d’huiles essentielles, en cours.Peux-tu partager avec nous un trait caractéristique de Misahualli qui te plaît particulièrement ainsi qu’un aspect négatif ?Comme n’importe quel village, Misahualli a l’avantage que tout le monde se connaît donc le moindre fait et geste se sait en temps réel par tous, avec l’avis de chacun et les racontards qui vont avec.Qu’est-ce qui te manque le plus par rapport à la France, ton pays d’origine ?Ma famille et mes amis car j’ai toujours été quelqu’un de très entourée. Je suis consciente que se reconstruire un réseau amical prend du temps. J’habitais Paris et sa région parisienne depuis toujours et je n’avais jamais quitté la France autrement que pour mes vacances.
J’aimerais m’occuper plus de ma nièce Bianca (3 ans) et la voir grandir. Heureusement ma soeur aînée Sandra me skype avec elle le plus souvent possible.Quelles sont les activités les plus populaires à Misahualli/en Équateur ?Chez nous : Rafting, Kayaking, Balade en Piroge, Amazonico (refuge animaux), islas Amazonica (à Tena), trekking/marche dans la jungle (de jour comme de nuit avec un guide), aller voir les lagunes, visiter les communautés indigènes, le jardin des papillons.
Sinon dans le pays : voir les marchés indigènes par spécialités selon les régions (voir l’artisanat, la richesse des fruits et légumes, goûter le Cuy à Banos, la fritada à Quito, chanta curos à Misahualli etc…), faire une balade à cheval (vers le Cotopaxi), se baigner dans les eaux volcaniques (Banos) ou aller aux thermes de Papallacta. Aller voir les baleines à Atacames (attention à la période) sinon déguster ses langoustes. Prendre un avion et s’émerveiller de tout aux Galapagos. Il me reste encore à voir beaucoup de villes et régions en Équateur (Cuenca, Guayaquil etc.).Depuis que tu vis en Équateur, est-ce qu’il y a des traditions/habitudes locales que tu as adoptées ?
J’adore aller manger un bon maito le dimanche sur la place de Misahualli, je participe de temps en temps à une cérémonie chamanique le vendredi soir, j’aime boire la guayusa ou les feuilles de cannelle en infusion (Ishpink), je raffole des pains de yuca qui sorte du four. J’adore le climat de la région où je vis (24°C en moyenne toute l’année). Je n’utilise plus de parapluie vu qu’il pleut très souvent, à n’importe quel moment de la journée. J’ai abandonné toutes mes chaussures à talons parisiennes et j’utilise l’huile d’ungurahua pour hydrater mes cheveux et des produits naturels (shampooing et après-shampooing) fabriqués par une indigène.Tu as choisi de raconter ton expérience dans un livre, «Et si le bonheur se cueillait en Équateur ?». Pourquoi avoir entrepris cette démarche et en quoi ce livre peut être utile à ceux qui veulent tenter l’aventure dans le pays ?J’ai commencé à écrire sur mon 1er blog, je l’ai nourri de mes aventures puis illustré par mes photos du pays. Au vu des encouragements que j’ai reçus, j’ai décidé de continuer sous la forme d’un journal pour le publier sous la forme d’un roman. Très vite, le cancer de mon père s’est aggravé et j’avais besoin de coucher toutes mes émotions sur papier. Je me sentais si seule. Je ne voulais pas accabler Sébastien et je n’avais personne d’autre à qui me confier. Le fait de devoir relire mon manuscrit pour éviter d’y laisser trop de coquille m’a aidé à faire mon long travail de deuil. J’aurai aimé que mon père lise mon roman car bien qu’ayant passé beaucoup de temps à lui raconter mes aventures en arrivant, j’aurai tellement voulu qu’on vive ensemble tout ce que nous avions prévu de partager quand il irait mieux… Je lui ai donc dédicacé.
Mon année 2013 a été ponctuée de merveilles grâce à la découverte de ce si beau pays, l’Équateur. Que ce dernier m’a permis d’affronter une des pires épreuves que j’ai eu à vivre jusqu’ici. Ainsi, j’espère que tous les lecteurs qui me liront ne s’apitoieront pas une seconde sur mon épreuve mais qu’au contraire qu’ils voyageront avec moi et qu’ils auront envie de découvrir, de leurs propres yeux, la magie de ce pays.Quels conseils peux-tu donner à ceux qui veulent s’installer en Équateur ?De la patience car la PROCRASTINATION est à l’image du pays et de sa lenteur administrative.
Cependant, si l’on part du postulat que la patience est une des plus belles vertus, je dirai que le jeu en vaut la chandelle car il fait bon vivre en Équateur et il y a TOUT à faire !
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Source : http://www.expat-blog.com/fr/interview/169_ambre-a-misahualli.html
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